
Selon la législation suédoise, tous les enfants doivent avoir un égal accès à l’éducation quels que soient leur sexe, leur lieu de résidence ou leur situation sociale et économique. Photo : Doris Beling/Folio
L’école et l’école maternelle suédoises ont une mission démocratique. Il s’agit de donner aux élèves une meilleure compréhension de la démocratie et de promouvoir les valeurs fondamentales de l’éducation, aussi bien que de contribuer à faire des élèves des citoyens démocratiques. Il s’agit aussi de promouvoir le droit des élèves – et des personnels scolaires – à exercer leur influence sur la vie quotidienne de l’école, depuis les matières enseignées en classe jusqu’au milieu scolaire.
Une stratégie nationale
Dans le cadre de cet effort, le Riksdag a présenté en 1999 une stratégie nationale pour la mise en oeuvre de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant par l’administration nationale et les collectivités locales.
Avec l’entrée en vigueur, en avril 2006, de la loi suédoise interdisant la discrimination et autres traitements dégradants envers les enfants et les élèves des écoles, les écoles et écoles maternelles se sont vu assigner une tâche nouvelle, travailler activement à prévenir la discrimination et les traitements dégradants. La loi impose à toutes les écoles d’avoir un « plan d’égalité de traitement » exposant ce que chaque établissement entend faire pour assurer un traitement égal à tous les élèves indépendamment du sexe, de l’origine nationale ou ethnique, de la religion ou autres croyances, de l’orientation sexuelle ou d’un handicap.
L’Ombudsman contre la discrimination (Diskrimineringsombudsmannen, DO) est chargé de définir les lignes directrices des plans d’égalité de traitement, mais chaque école établit son propre plan en collaboration avec les enseignants, les élèves et les parents. Les plans d’égalité de traitement sont un moyen d’assurer le respect de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
La gestion des écoles
La loi scolaire, adoptée par le Parlement (Riksdag), formule les objectifs fondamentaux et les lignes directrices pour l’école maternelle, les services périscolaires, l’école obligatoire et les formes de scolarité non obligatoires. En 1991, le gouvernement a transféré aux communes
une grande partie de la responsabilité des écoles.
Les 290 communes suédoises sont gérées selon les cadres législatifs et réglementaires nationaux. Les attributions des communes dans le domaine de l’enseignement scolaire se fondent sur les principes suédois d’autonomie locale et de démocratie. Ainsi, les citoyens doivent être étroitement associés à la prise de décision pour avoir la possibilité d’exercer leur influence sur l’école et de l’adapter aux besoins locaux. Entre autres tâches, les communes doivent :
- Mettre à la disposition de leurs habitants des activités préscolaires et un enseignement scolaire,
- Fixer les objectifs et prendre les décisions concernant les écoles maternelles et l’enseignement scolaire,
- Définir les priorités et allouer les ressources, participer au financement des écoles privées pour les élèves enregistrés dans la commune,
- Exercer la fonction d’employeur des enseignants et autres personnels scolaires.
Trois nouvelles administrations publiques
Depuis le 1eroctobre 2008, l’enseignement scolaire relève de trois agences publiques :
• L’Inspection nationale des établissements scolaires (Skolinspektionen) est chargée de superviser les écoles de l’ensemble du pays et d’évaluer leur qualité par des inspections régulières. Elle veille en outre au respect de la loi interdisant la discrimination et autres traitements dégradants envers les enfants et les élèves des écoles.
www.skolinspektionen.se
• La Direction nationale de l’enseignement scolaire (Skolverket) assure l’information et la diffusion des connaissances en matière d’éducation et gère les crédits publics et les aides financières aux études.
www.skolverket.se
• L’Agence nationale pour l’enseignement spécial (Specialpedagogiska skolmyndigheten) doit assurer aux enfants, adolescents et adultes handicapés les mêmes possibilités de développement et d’éducation qu’aux autres.
www.spsm.se
Les changements proposés
En juin 2009, le gouvernement a présenté un avant-projet de nouvelle loi scolaire. Par rapport à la loi actuelle, celle-ci prévoit les changements suivants :
• L’Inspection nationale des établissements scolaires aura des moyens accrus d’imposer des sanctions aux écoles qui manquent à leurs obligations. Le droit des élèves à un soutien spécial sera renforcé. Si les parents jugent que leurs enfants n’obtiennent pas le soutien scolaire dont ils ont besoin, ils pourront former un recours contre les décisions de l’administration scolaire.
• Les écoles publiques et privées seront dans toute la mesure du possible soumises aux mêmes réglementations.
• L’école maternelle sera classée comme une forme de scolarité propre.
Une fois que l’avant-projet aura été soumis aux instances de consultation, le gouvernement présentera un projet de loi au printemps 2010. La nouvelle loi devrait entrer en vigueur au 1er juillet 2011.

Sur les quelque 4 800 écoles de base, près de 4 200 sont des écoles communales (2007/08). Photo : Milo/99Bilder
Dix ans de scolarité
Le système éducatif suédois comporte divers types de scolarité et d’enseignement conçus en fonction de l’âge, des besoins et des aptitudes des élèves.
La Suède et la Finlande sont les seuls pays du monde à servir des repas scolaires gratuits. La loi scolaire suédoise pose en principe que les enfants et adolescents doivent avoir un accès égal à l’éducation, quels que soient leur sexe, leur lieu de résidence et leur situation sociale ou économique. La scolarité est gratuite en Suède, à l’exception de l’école maternelle et de l’enseignement supérieur (qui toutefois sont en partie financés par l’État).
La scolarité est obligatoire pour tous les enfants de 7 à 16 ans. Actuellement, presque tous fréquentent aussi une classe préparatoire facultative dès l’âge de six ans. En pratique, cela représente au total une scolarité de dix ans.

La Suède et la Finlande sont les seuls pays du monde à servir des repas scolaires gratuits. Photo : Anette Andersson/99Bilder
Des écoles adaptées à divers besoins
Outre l’école ordinaire, l’enseignement obligatoire comprend l’école sami, l’école spéciale (specialskola), et des formes de scolarité pour les élèves handicapés mentaux (särskola). L’école spéciale est destinée aux enfants sourds, malentendants, atteints de troubles graves du langage ou de déficiences de la vue associées à d’autres handicaps. (L’enseignement non obligatoire comprend l’école maternelle, le lycée pour les élèves handicapés mentaux, l’enseignement communal pour les adultes et l’enseignement pour les adultes handicapés mentaux.)
L’école maternelle
Les activités préscolaires sont destinées aux enfants d’un à cinq ans. Les communes sont tenues de proposer une place en école maternelle aux enfants dont les parents travaillent ou font des études. La tradition suédoise d’accueil de la petite enfance met l’accent sur l’importance du jeu pour le développement et l’éducation des enfants. Dans le programme d’enseignement de l’école maternelle, les intérêts et les besoins de l’enfant sont des aspects essentiels de son éducation. Les écoles maternelles suédoises sont de plus en plus nombreuses à pratiquer une pédagogie de l’égalité dans l’intention de donner aux enfants, garçons ou filles, des chances égales dans la vie.
Classe préparatoire
Tous les enfants doivent se voir proposer une place dans une classe préparatoire à partir du semestre d’automne de l’année de leurs six ans et jusqu’à leur entrée à l’école obligatoire. La classe préparatoire est destinée à stimuler le développement et l’apprentissage des enfants et à constituer la base de leur scolarité future. Après la classe préparatoire viennent le cours élémentaire (lågstadiet), de la 1e à la 3e année, puis le cours moyen (mellanstadiet), de la 4e à la 6e, et le cours supérieur (högstadiet) de la 7e à la 9e. Les élèves de six à douze ans peuvent bénéficier d’un accueil avant et après les heures de classe, par exemple dans un centre périscolaire, une garderie familiale ou un centre périscolaire ouvert.
Le lycée
Le lycée (gymnasium) est facultatif et gratuit. Pour être admissibles, les élèves doivent avoir terminé le cours supérieur de l’école de base avec au moins la note Passable en suédois, mathématiques et anglais. Presque tous les élèves qui ont achevé leur scolarité obligatoire poursuivent leurs études au lycée.
Les programmes du lycée sont d’une durée de trois ans. Les élèves ont le choix entre 17 filières ouvrant accès aux études supérieures. Toutes les filières comportent huit matières principales : suédois (ou en option suédois deuxième langue), anglais, mathématiques, sciences, éducation civique, étude des religions, arts et artisanat, sport et santé.
Les élèves qui ne sont pas admissibles au lycée peuvent suivre une filière individuelle adaptée à leurs besoins. L’intention est de permettre à l’élève de passer par la suite dans l’une des filières nationales.
Écoles privées et financement
Dans les années 1990, les notions de choix de l’école et d’école privée (qu’il s’agisse de la maternelle, de l’école de base ou du lycée) ont acquis droit de cité. Les écoles opèrent aujourd’hui sur un marché ouvert.
Les écoles privées se multiplient en Suède et le choix de l’école est désormais considéré comme un droit. À chaque enfant est attribué un montant individuel destiné au financement de sa scolarité, de l’école maternelle au lycée inclus. Le gouvernement suédois soutient ainsi la création d’écoles privées.
Les écoles privées doivent être agréées par l’Inspection nationale des établissements scolaires et se conformer aux programmes d’enseignement et plans d’études nationaux. Neuf pour cent des élèves de l’école de base et 20 pour cent des lycéens fréquentent des établissements privés.
Il existe par ailleurs quelques écoles internationales qui appliquent les programmes d’enseignement d’autres pays. Ces écoles, financées en partie par l’État, sont principalement destinées aux enfants de résidents étrangers qui sont en Suède pour un temps limité.
Les élèves ayant des besoins spécifiques suivent en général les classes ordinaires à l’école de base et au lycée. Un programme spécial est prévu pour les élèves handicapés mentaux. Ils peuvent soit être intégrés à un groupe ordinaire, soit former un groupe spécial, souvent dans les locaux d’une école ordinaire.
Éditeur :
Institut suédois
Date de publication :
Décembre 2009
Droit d’auteur :
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