25 févr.. 2005
Montées et descentes, virages en montée et en descente – le parcours de l’une des plus longues courses de ski de fond du monde est aussi mouvementé que ses origines historiques, qui remontent à l’aventureux périple de Gustave Vasa, devenu par la suite roi de Suède.
Ce qui est parti d’une révolte populaire il y a près de cinq siècles est de nos jours un événement phare du calendrier sportif suédois.

Cette année, on attend pas moins de 15 800 participants. © Photo : Vasaloppet, Marknads AB
« Vasaloppet », la course de Vasa, qui se déroule chaque année le premier dimanche de mars, est l’ultime temps fort d’une intense semaine de ski qui attire des milliers de personnes en Dalécarlie. Située en plein cœur de la Suède, à la limite entre le nord et le sud, cette province suédoise a pour capitale administrative Falun, à 230 kilomètres au nord de Stockholm.
À Sälen, une immense clameur s’élève quand plus de 15 000 skieurs prennent le départ pour une rude épreuve de 90 kilomètres. Entre-temps, les 50 000 spectateurs qui attendent à Mora sur la ligne d’arrivée échauffent leurs cordes vocales dans une atmosphère électrique.
Et puis il y a le parfum de la soupe aux myrtilles chaude, une institution autant que la course elle-même. D’année en année, cette riche source d’énergie maison est distribuée pour galvaniser les skieurs jusqu’au sprint final.
Sept jours, sept courses
Sur une distance de plus d’un double marathon et avec un temps limite de douze heures, la Vasaloppet est un test d’endurance pour le skieur le plus chevronné. Mais pour ceux qui reculent devant la dimension de l’épreuve principale, cette compétition historique offre diverses autres courses tout au long de la semaine.
« Öppet Spår » est une course ouverte qui permet aux skieurs de vivre l’aventure des 90 kilomètres sans le stress de la compétition, « HalvVasan » un échauffement de 45 kilomètres avant l’événement principal. Accessible à toute la famille, « KortVasan » est une course bon enfant sur les trente derniers kilomètres du parcours ; l’épreuve de relais « StafettVasan » est également très populaire. « SkeijtVasan » est la seule épreuve en technique libre de la semaine et « TjejVasan » est un parcours de 30 kilomètres réservé aux dames.

« Öppet Spår » permet de faire les 90 kilomètres du parcours sans compétition et sans stress. © Photo : Vasaloppet, Marknads AB
Vasaloppet et Öppet Spår comptent aussi pour le Swedish Classic Circuit, qui consiste à terminer une compétition classique dans chacune des quatre disciplines suivantes : ski, course à pied, cyclisme et natation.
Derrière la scène
Vasaloppet est désormais une activité à plein temps qui tourne tout au long de l’année. Mais l’événement repose sur les 3 500 bénévoles et officiels qui travaillent en coulisses. Le centre de presse très sollicité est une base d’opération performante pour les journalistes, tandis que les centres médicaux offrent un abri sûr aux blessés. L’hébergement des visiteurs est assuré en partie par la location de chambres chez l’habitant, et les hôtels et restaurants ne désemplissent pas.
Les visiteurs qui affluent en Dalécarlie pendant la compétition sont en majeure partie suédois et scandinaves, mais quelque 4 500 concurrents de 35 pays viennent également participer à l’événement. « L’ambiance est un mélange de tradition, d’histoire et de convivialité, » dit Rolf Hammar, secrétaire général de Vasaloppet. « C’est une manifestation d’une grande portée pour la région, et les gens d’ici sont fiers de leur compétition. Les retombées économiques sont importantes aussi, et ça donne une chance de vraiment faire connaître la contrée », ajoute-t-il.
Des racines qui remontent au XVIe siècle
Vasaloppet commémore l’aventure d’un rebelle suédois, Gustave Eriksson Vasa. En 1521, il était venu en Dalécarlie pour convaincre les habitants de se joindre à son insurrection contre le roi du Danemark Christian II, dit le Tyran. Sa mission ayant échoué, Vasa, pourchassé par les Danois, fut contraint de s’enfuir à skis.
Entre-temps, la population avait changé de sentiment et dépêcha deux des skieurs les plus rapides de Mora pour le rattraper. Ils le rejoignirent à Sälen et le persuadèrent de revenir. Après deux ans et demi de guerre, Gustave Vasa avait conduit son pays à la victoire et à la liberté. En 1523, il était proclamé roi de Suède.

« Vasaloppet », une course qui va de Sälen à Mora, est une tradition annuelle aux racines historiques. Photo: www.imagebank.sweden.se © Bo Lind / Swedish Travel and Tourism Council
La compétition se déroule en sens inverse du parcours initial de Gustave Vasa – c’est ainsi depuis l’organisation de la première course en 1922. Cette année-là, 119 concurrents avaient pris le départ sur des skis de bois et le vainqueur avait terminé l’épreuve en 7 heures 32 minutes 49 secondes. L’édition 2005 accueille un nombre record de 15 800 participants et le meilleur temps actuel est de 3 heures 38 minutes 57 secondes.
Le sort de la course de cette année est suspendu à l’existence de conditions favorables. Réussir la course n’est pas seulement une question d’endurance, un hiver doux peut compromettre son déroulement. La course a été annulée trois fois à cause du manque de neige, la dernière fois en 1990.
Chronométrage et technologie
La compétition d’aujourd’hui a aussi pris un coup de jeune avec l’arrivée des technologies de l’information. Chaque concurrent porte une puce d’identification par radiofréquence (RFID), qui permet une lecture électronique du temps de passage aux différents points de contrôle.
Les données sont rassemblées dans des tableaux de compilation qui sont retransmis par Internet. En 2004, le site officiel de Vasaloppet a enregistré près de 19 millions de visiteurs rien que le jour de la course. Mieux, en souscrivant au service SMS de Vasaloppet, la famille et les amis peuvent suivre les performances d’un concurrent individuel par des informations envoyées directement à leur portable.
Pour certains, Vasaloppet est un défi unique qu’on relève une fois dans la vie, pour d’autres c’est une scène mondiale du ski nordique. Mais pour tous, il y a la gloire de franchir la ligne d’arrivée sous la bannière portant la fière devise de la course, « Sur les traces de nos ancêtres pour les victoires de demain. »
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Christine Demsteader est une journaliste anglaise basée à Stockholm. Établie en Suède depuis 2002, elle mène de pair une activité indépendante dans la presse écrite et la production radiophonique.
Les opinions exprimées dans le présent article n’engagent que l’auteur.
Traduction : Lydie Rousseau
Classification : A86FRa
© Photos:
Photo 1: © Vasaloppet, Marknads AB
Photo 2: © Vasaloppet, Marknads AB
Photo 3: © www.imagebank.sweden.se © Bo Lind / Swedish Travel and Tourism Council
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