
En Suède, femmes et hommes ont les mêmes droits à l’école, sur le lieu de travail et au foyer. Photo: Alexander Ruas/Folio
L’égalité entre les sexes est une pierre angulaire de la société suédoise : femmes et hommes doivent avoir les mêmes possibilités, les mêmes droits et les mêmes obligations dans tous les domaines de la vie. Chacun doit pouvoir travailler et assurer sa subsistance, concilier carrière et vie de famille sans avoir à craindre d’être exposé à des abus ou des violences.
Le Global Gender Gap Report 2010 classe la Suède parmi les premiers pays du monde en matière d’égalité. Établi à l’initiative du Forum économique mondial, le rapport mesure l’égalité dans quatre domaines : économie, politique, éducation et santé. Il est consultable sur www.weforum.org.
L’égalité des sexes à l’école
La pédagogie de l’égalité est une pratique de plus en plus courante dans les écoles maternelles suédoises. L’intention est de donner aux enfants des chances égales dans la vie, quel que soit leur sexe, en employant des méthodes pédagogiques qui permettent à chacun de construire sa propre personnalité. L’égalité entre les sexes est un thème important qui est constamment pris en compte à l’école de base afin de préparer les élèves à la poursuite de leurs études.
Les filles sont plus nombreuses que les garçons à achever leurs études secondaires. Les femmes représentent à peu près 60 pour cent des étudiants dans les premiers cycles universitaires et obtiennent près des deux tiers des diplômes. Elles sont sensiblement plus nombreuses que les hommes à suivre des cours pour adultes. Pour ce qui est du troisième cycle et du doctorat, la parité est aujourd’hui réalisée.

Le père et la mère ont tous deux droit à des congés parentaux indemnisés. Photo: Felix Odell/LinkImage
Congé parental
Après la naissance ou l’adoption d’un enfant, les parents ont droit à 480 jours de congé parental indemnisé. Les femmes prennent la majeure partie de ces congés.
En 2008, les pères en avaient utilisé environ 20 pour cent. Les congés peuvent être pris par mois, par semaine, par jour ou même par heure. Pour 390 jours, l’indemnité parentale maximale est de 910 couronnes suédoises (SEK) par jour. Pour les 90 jours restants, l’indemnité est de 180 SEK. Soixante jours de congé sont réservés spécifiquement à chacun des parents et ne peuvent donc pas être transférés de l’un à l’autre. De plus, le père a droit à dix jours supplémentaires à la naissance d’un enfant, ou vingt jours pour des jumeaux.
Un ombudsman au lieu de quatre
L’Ombudsman contre les discriminations a été créé en 2009 pour remplacer l’ancien système qui classait les discriminations par catégorie. En même temps, les sept lois anti-discrimination ont été remplacées par une loi unique, la loi contre la discrimination. Cette refonte avait pour but d’assurer aux citoyens une protection renforcée et élargie contre toute discrimination. De nouvelles dispositions ont été adoptées pour interdire la discrimination fondée sur l’âge, l’identité transsexuelle et les manifestations de transsexualisme.
L’Ombudsman contre les discriminations examine les affaires concernant l’égalité entre les sexes sur le lieu de travail, dans le système scolaire et dans d’autres domaines.
Avant 2009, il y avait quatre ombudsmans : l’Ombudsman à l’égalité des chances, l’Ombudsman contre la discrimination ethnique, l’Ombudsman des handicapés et l’Ombudsman contre la discrimination ondée sur l’orientation sexuelle.
L’actuel Ombudsman contre les discriminations veille au respect des lois suivantes :
1. la loi contre la discrimination, qui réprime la discrimination fondée sur le sexe, l’identité transsexuelle ou les manifestations de transsexualisme, l’orientation sexuelle, l’appartenance ethnique, la religion, le handicap et l’âge.
2. la loi sur l’égalité de traitement des étudiants dans l’enseignement supérieur, destinée à promouvoir l’égalité des droits dans les procédures d’admission aux établissements d’enseignement supérieur.
3. la loi interdisant la discrimination et autres traitements dégradants envers les enfants et les élèves des écoles, qui couvre aussi l’école maternelle, les écoles pour handicapés mentaux et les services périscolaires.
4. la loi sur le congé parental, qui porte principalement sur l’interdiction de la discrimination envers l’un ou l’autre des sexes.

La proportion de femmes aux postes dirigeants est en augmentation en Suède. Photo: Nicho Södling/Johnér
Femmes et hommes au travail
La Suède est en bonne voie de réaliser l’égalité de traitement entre femmes et hommes sur le lieu de travail.
La loi contre la discrimination comporte deux grands chapitres traitant de l’égalité entre les sexes dans la vie professionnelle. D’une part, elle impose à tous les employeurs de travailler activement à la réalisation d’objectifs spécifiques pour faire avancer l’égalité entre femmes et hommes. D’autre part, elle interdit la discrimination et fait obligation à l’employeur d’enquêter et de prendre des mesures en cas de harcèlement. L’employeur ne doit pas défavoriser un salarié ou un demandeur d’emploi qui prend, a pris ou compte prendre un congé parental.
Les écarts de salaire entre femmes et hommes s’expliquent en grande partie par les différences entre les professions, les secteurs, les postes occupés, l’expérience professionnelle ou l’âge. Mais certaines disparités ne peuvent s’expliquer par ces facteurs, et il se peut qu’elles soient liées au sexe (écarts salariaux injustifiés). En moyenne, le salaire mensuel des femmes représente 94 pour cent de celui des hommes après prise en compte des différences liées aux choix professionnels et aux secteurs. Les écarts salariaux sont les plus prononcés dans le secteur privé.
Pouvoir économique et politique
La politique d’égalité des sexes du gouvernement présente deux aspects : veiller à une répartition équitable du pouvoir et des ressources entre les sexes, et créer les conditions voulues pour assurer aux femmes et aux hommes le même pouvoir et les mêmes possibilités.
Dans la vie professionnelle, la proportion des femmes aux postes de direction s’accroît. Le pourcentage de femmes à la tête d’entreprises privées suédoises (comptant plus d’un salarié, non compris le directeur général) était de 25 pour cent en 2009. C’est une augmentation de 16 points depuis 1990. La proportion de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées en bourse est aussi en progrès : elle est passée de 6 pour cent en 2002 à 22 pour cent en 2009. Les chiffres sont plus élevés dans le secteur public. Les femmes sont en majorité (52 pour cent) parmi les cadres dirigeants de l’administration locale, départementale et centrale. Près de la moitié (45 pour cent) des députés et 46 pour cent des ministres du gouvernement sont des femmes.
L’intégration de la dimension de genre
L’intégration de la dimension de genre, une notion lancée par les Nations Unies en 1997, désigne la prise en compte de l’égalité entre les sexes à tous les niveaux de l’administration publique. L’idée est que l’égalité entre les sexes n’est pas un aspect distinct et isolé mais un processus continu.
Dans l’Union européenne, la Direction générale de la Justice est en charge des questions concernant l’égalité entre femmes et hommes et l’intégration de la dimension de genre. La Direction Égalité a pour mission de coordonner et promouvoir le développement des politiques de lutte contre la discrimination fondée sur le sexe, l’origine raciale ou ethnique, la religion ou les convictions, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle. Elle vise également à sensibiliser à l’égalité entre les sexes et la non-discrimination.
Des statistiques exhaustives
En Suède, toutes les statistiques officielles sont collectées, analysées et présentées par sexe. La parité quantitative implique une répartition à égalité (50/50) des femmes et des hommes dans tous les domaines de la société. La parité qualitative suppose que les connaissances et l’expérience des femmes comme des hommes soient prises en considération et mises à profit pour promouvoir le progrès dans tous les domaines de la société.

La loi suédoise interdit la discrimination sexuelle sur le lieu de travail. Photo: Kicki Funbo/Bildarkivet.se
Les violences envers les femmes
En 2010, quelque 27 000 cas de violences masculines contre les femmes ont été enregistrés.
Le nombre de cas signalés s’est accru d’année en année à mesure que les femmes devenaient plus nombreuses à porter plainte. La législation dans ce domaine a été modifiée dans les premières années 1980 pour rendre impossible à la femme de retirer ses déclarations.
Les femmes qui ont besoin d’aide peuvent s’adresser à l’Association suédoise des centres d’aide aux femmes ou à l’Organisation nationale des centres d’aide aux femmes et adolescentes (Roks). Elles peuvent aussi demander assistance à l’un des quelque 130 centres locaux d’aide aux femmes qui existent en Suède.
D’autres organisations qui s’occupent des questions concernant les violences envers les femmes sont notamment le Centre national d’information sur les violences envers les femmes, qui encourage la coopération entre les agences et organisations qui sont en contact avec des femmes exposées à la violence, et le Centre national d’information sur les violences masculines envers les femmes (NCK), basé à l’université d’Uppsala.
Éditeur :
Institut suédois
Date de publication :
Décembre 2011
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