
Chaque conseil général doit travailler à promouvoir la santé de toute la population. Photo : Fredrik Schlyter/Johnér
Les Suédois vivent de plus en plus longtemps. L’espérance de vie est actuellement de 83,5 ans pour les femmes et de 79,5 ans pour les hommes. Cela tient en partie à la baisse de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. En 2010, 18 pour cent de la population avaient 65 ans ou plus, ce qui fait de la Suède l’un des pays d’Europe qui comptent la plus forte proportion de personnes âgées. D’autre part, le nombre de naissances augmente en principe d’année en année depuis la fin des années 1990, une tendance qui réduira à terme la part de la population âgée.
Les maladies chroniques qui demandent surveillance, traitement et souvent une médication permanente, représentent une charge importante pour le système de santé.
En revanche, la prévalence du tabagisme est en baisse en Suède depuis le milieu des années 1980. Une étude de l’Union européenne montre que la Suède est le pays membre qui a le plus faible pourcentage de fumeurs, 18 pour cent.
Responsabilité partagée
La responsabilité des services de santé suédois est partagée entre l’État, les conseils généraux et les communes. La loi sur les services de santé définit les attributions des conseils généraux et des communes, donnant aux collectivités locales une plus grande liberté d’action dans ce domaine. Le rôle de l’État est de fixer les principes et lignes directrices des services et de définir les grandes orientations de la politique de santé, soit par des lois et règlements, soit par des accords avec I’Association suédoise des collectivités locales et régionales (SKL), qui représente les conseils généraux et les communes.
Décentralisation
La responsabilité des prestations de santé est décentralisée aux conseils généraux et dans certains cas aux communes. Les conseils généraux sont des organes politiques élus tous les quatre ans, à la même date que les élections législatives. Aux termes de la politique suédoise, chaque conseil général doit assurer aux habitants du département des services médico-sanitaires de qualité et travailler à promouvoir la santé de l’ensemble de la population. Les conseils généraux ont aussi la responsabilité des soins dentaires pour les moins de 20 ans.

La chaîne nationale de pharmacies, Apoteket, a perdu son monopole en 2009. Depuis, quelque deux cents nouvelles pharmacies ont été ouvertes.
Photo : Leif R Jansson/Scanpix
Répartition des services médicaux
La Suède compte 290 communes, vingt conseils généraux et quatre régions – Gotland, Halland, Skåne et Västra Götaland. Les régions suédoises regroupent des conseils généraux ou communes qui assument en lieu et place de l’État la responsabilité du développement régional.
Il n’y a pas de hiérarchie entre communes, conseils généraux et régions. Les conseils généraux suédois consacrent environ 90 pour cent de leur activité aux services de santé, mais ils ont aussi des attributions dans d’autres domaines, par exemple la culture et les infrastructures.
Les communes sont responsables des services pour les personnes âgées, à domicile ou dans des structures spécialisées. Leur mission inclut aussi la prise en charge des personnes atteintes de handicaps physiques ou de troubles mentaux, ainsi que l’assistance et les services post-hospitaliers et la médecine scolaire.
Coopération internationale
La mobilité accrue des citoyens européens rend de plus en plus nécessaire une coopération dans le secteur de la santé. La Suède y prend une part active pour les soins spécialisés, l’amélioration de la sécurité des patients et le renforcement de leur influence.
Sécurité des patients
Le débat sur les services de santé se poursuit aussi en dehors de l’UE, en particulier dans des organismes tels que l’OMS, l’OCDE, le Conseil de l’Europe et le Conseil nordique des ministres. Beaucoup des défis auxquels ont à faire face les services de santé suédois se posent également dans d’autres pays, notamment en ce qui concerne l’accessibilité, la qualité, l’efficacité et le financement.
La sécurité des patients est une question prioritaire. Début 2011, la Suède a adopté une nouvelle loi sur la sécurité des patients qui donne à tous ceux qui ont affaire aux services de santé – patients, consommateurs, proches – de nouvelles possibilités d’influence sur le contenu des prestations. L’intention est de permettre de signaler plus facilement les erreurs de traitement.
Un traitement dans les 90 jours
Les délais d’attente pour les soins programmés tels que l’opération de la cataracte ou la prothèse de la hanche ont longtemps été un sujet de mécontentement. Pour y remédier, la Suède a instauré en 2005 une garantie de soins.
Cela implique qu’aucun patient ne devrait avoir à attendre plus de sept jours pour une consultation dans un centre de soins, 90 jours pour une consultation chez un spécialiste et 90 jours pour une opération ou un traitement, une fois que les soins nécessaires ont été déterminés. Si ce délai n’est pas respecté, le patient se voit proposer des soins ailleurs, les dépenses, y compris le coût des transports, étant à la charge de son propre conseil général.
Les statistiques de décembre 2010 montrent que près de neuf patients sur dix ont pu consulter un spécialiste dans les 90 jours, puis être opérés ou traités dans les 90 jours suivants. Environ 80 pour cent estiment aujourd’hui qu’ils ont reçu les soins appropriés. En 2006, le chiffre était de 74 pour cent.
En 2012, le gouvernement suédois réexaminera avec SKL les modalités de la garantie de soins afin de mettre au point un dispositif encore plus axé sur les patients en établissant un délai d’attente maximal pour le patient, depuis le premier contact jusqu’au début du traitement.

Photo : Elisabet Omsén/Scanpix
Les sages-femmes suédoises à l’honneur
La Suède s’est dotée très tôt d’un corps de sages-femmes professionnelles. La recherche montre qu’il en est résulté une forte baisse de la mortalité des femmes en couches. Au XVIIIe siècle, le taux était d’environ un pour cent. Au début du XXe siècle, la mortalité maternelle était tombée à 250 décès pour 100 000 naissances vivantes.
L’Association suédoise des sages-femmes a récemment célébré son 125e anniversaire comme organisation professionnelle, en même temps que le tricentenaire de la formation des sagesfemmes. La première réglementation de la profession date de 1711. Elle stipulait que les sages-femmes de Stockholm devaient suivre une formation, passer une évaluation et prêter serment.
Aujourd’hui, la mortalité maternelle suédoise est parmi les plus faibles du monde. Moins de six enfants sur 1 000 et moins d’une femme sur 100 000 meurent à la naissance. Les services de maternité suédois sont souvent cités en exemple dans les instances internationales pour leur longue tradition d’excellence.

La garantie de soins a permis d’écourter les listes d’attente pour les opérations. Photo : Melker Dahlstrand/Imagebank.sweden.se
Financement
Les dépenses de santé représentent environ 10 pour cent du produit intérieur brut (PIB) suédois, ce qui est du même ordre de grandeur que dans la plupart des autres pays européens. La majeure partie des dépenses de santé est financée en Suède par les impôts locaux. Les dotations de l’État sont une autre source de financement, tandis que les redevances versées par les patients ne couvrent qu’un petit pourcentage des dépenses.
Les soins primaires, secteur le plus coûteux
Les dépenses de santé des conseils généraux, soins dentaires non compris, s’élevaient à 196 milliards de SEK (environ 29 milliards d’USD, 21 milliards d’EUR) en 2010, soit une augmentation de 4,6 milliards (2,4 pour cent) par rapport à 2009. Les soins primaires sont à l’origine de la plus forte augmentation des coûts. Les postes qui y contribuent le plus sont les soins de médecine générale et les urgences, ainsi que les soins infirmiers.
Davantage de prestataires privés
Les conseils généraux recourent aujourd’hui plus souvent aux services de prestataires privés ; 12 pour cent des soins de santé sont financés par les conseils généraux mais fournis par des prestataires privés. Une convention garantit que les patients bénéficient des mêmes réglementations et des mêmes tarifs que dans les établissements de soins publics.
Éditeur :
Institut suédois
Date de publication :
June 2012
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