Dès 1917, le droit de l’enfant à son père a été inscrit dans la loi, de sorte que les pouvoirs publics veillent à ce que la filiation de l’enfant soit établie, pour qu’il ait un père mais aussi pour que les mères célibataires puissent obtenir une aide matérielle pour élever l’enfant.

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Dans les années 1930 est apparue une nouvelle perception de la situation des mères célibataires. Quand le père ne voulait pas ou ne pouvait pas payer pour l’enfant, l’État prenait la relève et versait une allocation à la mère, en cherchant autant que possible à se faire rembourser par le père défaillant. De sorte qu’à cette époque déjà, il était possible pour une mère seule de se tirer d’affaire, fût-ce dans des conditions matérielles difficiles.
La création du congé parental
Même si les pères avaient formellement la responsabilité de leurs enfants, il était rare jusque vers la fin des années 1960 de les voir dans la rue avec un landau, mais depuis 1974, l’évolution du rôle paternel est aussi entrée dans la loi. C’est à cette date qu’a été mise en place l’assurance parentale, qui prévoyait un congé indemnisé par l’État – actuellement de 80 % du salaire pour un niveau de revenu normal – que les parents pouvaient se partager selon leur gré. Le congé paternel, une première mondiale, était entré dans les faits.
« C’était une décision politique très courageuse du gouvernement d’Olof Palme », dit Lars Jalmert, spécialiste de la condition masculine. « L’opinion n’était pas mûre, mais le gouvernement avait compris qu’il n’y aurait pas de véritable égalité des chances tant que les pères ne s’occuperaient pas davantage de leurs enfants. Les politiques ont eu le courage de montrer la voie. »
Les pères tardent à profiter de l’assurance parentale
Trente ans après, même si l’assurance parentale a trouvé un grand écho dans le monde, les pères ne prennent encore que 17 % des journées de congé auxquelles les parents ont droit.
« En instaurant l’assurance parentale, on espérait que les deux parents se partageraient effectivement le temps libre », note Anita Nyberg. « Ce n'est manifestement pas le cas. Il faut des signaux politiques plus forts pour changer les pratiques traditionnelles. »
Assurance parentale individualisée
En 1995, le Riksdag a instauré dans le cadre de l’assurance parentale un mois de congé non transmissible entre les parents (un « mois du père » et un « mois de la mère »). En 2002, cette durée a été portée à deux mois.
« De nouvelles règles de ce genre ont un impact immédiat dans la pratique », note Anita Nyberg. « Risquant de voir le congé perdu pour tous les deux, les pères ont augmenté leur part de congé. »
Une résistance larvée
Une résistance larvée contre le congé parental persiste dans beaucoup d’entreprises, mais il y a aussi des employeurs qui ont décidé d’encourager les jeunes pères à prendre leur congé paternel en complétant l’indemnité parentale à hauteur du salaire normal et en faisant du congé un atout pour l’évolution de carrière.
Un intense débat se poursuit en ce moment au sujet d'une individualisation de l’assurance parentale qui consisterait à attribuer la moitié du congé au père et la moitié à la mère, sans possibilité de transfert.
Les pères suédois, à l’aune internationale, partagent largement la responsabilité pratique des soins aux enfants. Même si les mères continuent de rester plus longtemps à la maison avec leur nouveau-né, les deux parents se partagent plus équitablement les soins aux enfants malades – jours de congé indemnisés par l'État – et ils se chargent presque aussi souvent l'un que l'autre de déposer et de chercher les enfants à l'école maternelle et à l'école.
Structures familiales en Suède
La plupart des petits Suédois vivent avec leurs deux parents. Mais avec le temps, près de la moitié des couples finissent par se séparer. Les séparations interviennent le plus souvent à l’initiative de la femme.
« En Suède, c’est l’inégalité qui conduit au divorce », explique Lars Jalmert, spécialiste de la condition masculine. « Dans la grande majorité des couples, il y a au départ un rapport de forces inégal. L’homme est plus âgé, il a fait des études plus longues et/ou gagne plus d’argent. Souvent, l’équilibre des forces s’améliore progressivement, mais quand c’est l’inverse qui se produit, parce que l’homme a de meilleures possibilités de miser sur sa carrière et que la femme constate une inéquité croissante dans la répartition du travail à la maison, alors, souvent, elle s’en va. »
Même si les mères seules sont parmi les catégories sociales les plus défavorisées de Suède, il est malgré tout possible de vivre divorcée avec des enfants.
La plupart des enfants restent avec leur mère quand les parents se séparent, mais il est rare que les pères perdent entièrement le contact avec eux. À peu près 90 % des petits Suédois vivent sous la garde conjointe de leurs deux parents. Cela donne aux pères une position forte en cas de divorce. D’après une enquête réalisée en 1982, un quart environ des pères divorcés n’avaient pas de contact avec leurs enfants, mais en 2002 ils étaient moins de 10 %.
Données : L’assurance parentale
- À la naissance d’un enfant, les parents ont droit à des congés parentaux indemnisés de 480 jours. Soixante jours sont réservés au père et soixante à la mère, le reste pouvant être réparti librement. Pour 390 jours, l’indemnité est de 80 % des revenus des parents jusqu’à un certain plafond ; pour les 90 jours restants, une indemnité journalière forfaitaire est versée. Les parents qui ne travaillaient pas avant la naissance de l’enfant ont droit à une indemnité forfaitaire pour les premiers 390 jours, puis à un montant réduit pour les 90 jours restants.
- En 2003, les pères ont utilisé 17 % du congé parental.
- Le père a droit à un congé de dix jours avec indemnité au moment de la naissance de l'enfant. Environ 80 % des pères profitent de cette possibilité.
- Les parents peuvent aussi prendre un congé indemnisé pour prendre soin d’un enfant malade (60 jours par enfant et par an). L’utilisation de cette prestation est beaucoup plus équitablement répartie entre les parents – en 2003, 43 % de ces journées ont été prises par les pères.